Aux Etats-Unis, un couple d’espions démasqué

mar, 10/26/2021 - 11:46

L’ingénieur nucléaire Jonathan Toebbe et sa femme, Diana, arrêtés le 9 octobre, souhaitaient livrer des secrets concernant les sous-marins atomiques américains à un pays étranger.Un couple bien sous tous rapports, vivant dans une maison un peu triste de la banlieue d’Annapolis (Maryland) avec ses enfants de 11 et 15 ans, qui transfère des secrets atomiques à une puissance étrangère : nous ne sommes pas dans un remake de la série sur les espions prorusses The Americans, mais dans la vraie vie. Celle de Jonathan Toebbe et de sa femme, Diana, accusés d’avoir voulu transmettre des dossiers ultra-confidentiels sur les moteurs des sous-marins atomiques américains qui devraient équiper les futurs sous-marins australiens. Les deux suspects ont été arrêtés par le FBI, le 9 octobre, et inculpés d’espionnage par un grand jury, mardi 19 octobre.

L’affaire, digne d’un roman d’espionnage, commence en décembre 2020 : le FBI est informé par une puissance étrangère – mais manifestement amie – qu’un individu l’a contactée en avril 2020 et lui a proposé des documents secrets de la marine américaine. « Je m’excuse pour cette mauvaise traduction dans votre langue. Faites suivre s’il vous plaît cette lettre à votre agence de sécurité militaire. Je crois que cette information sera de grande utilité pour votre pays. Ce n’est pas un canular », écrit l’individu sur la messagerie sécurisée Proton.

Immédiatement, dès le 26 décembre, le FBI prend contact avec le mystérieux émissaire, en se faisant passer pour un représentant de la puissance étrangère. L’homme est méfiant, il refuse toute rencontre en tête à tête, renâcle à déposer des documents dans une boîte aux lettres, de peur d’être piégé. La confiance est établie lorsque le FBI lui fait un premier versement de 10 000 dollars (8 600 euros) en cryptomonnaie Monero et lui envoie un mystérieux « signal » physique lors d’un déplacement à Washington, depuis des locaux de l’ambassade de la puissance étrangère qui a collaboré à l’affaire

 

 

 

 

Par Arnaud Leparmentier(New York, correspondant)